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Cambodge - Siem Reap


de Thierry, 25-12-2005

Memorable... l'arrivee a Siem Reap


Rien a signaler sur les sept heures de bus entre Phnom Penh et Siem Reap, la ville-hotel servant de camp de base pour la visite des temples d'Angkor. L'arrivee en revanche merite un petit developpement.

Le bus est encore a 50 metres de son point de stationnement mais deja nous les voyons. Ils sont la, tasses les uns contre les autres, agitant furieusement des affiches et des morceaux de carton. Ce sont les rabatteurs. Ils attendent avec impatience chaque arrivee de bus pour faire leur moisson de clients. Attention aux ames sensibles, la suite n'est pas jolie jolie.

Le bus s'arrete enfin et d'un seul coup, les voila tous colles a la carrosserie. Ils tapent sur les vitres et essaient d'accrocher notre regard en brandissant des panneaux sur lesquels est inscrit en gros caracteres le nom de leur guest house. Difficile de dire combien ils sont, peut-etre une soixantaine.

Les portes du bus s'ouvrent. Il va falloir sortir. Pour nous liberer la voie, un policier se met a frapper les rabatteurs avec une tige en bambou, comme des animaux. Methode choquante pour un occidental mais finalement peu efficace. On aura juste gagne 50 centimetres le long du bus pour ouvrir les soutes et sortir les baggages.

Ca y est, nous sortons. Le bruit est assourdissant. Chaque rabatteur crie pour attirer l'attention vers lui. En longeant le bus, nous parvenons a couvrir les 4 metres nous separant de nos sacs a dos et c'est la que la lutte commence. Ils sont une petite dizaine a nous agripper par le bras et par l'epaule. L'un d'entre eux saisit mon sac et refuse de lacher prise. "You come with me okay ? You come with me ?" Il faudra que je lui tire sur les doigts pour qu'il relache son emprise.

Comment s'en sortir ? Une seule solution, en choisir un au hasard. La pression se relache alors mais ce n'est pas fini. Les rabatteurs ne sont pas beaux joueurs, ils ne reconnaissent pas la victoire du vainqueur. Alors que nous nous dirigeons vers le tuk-tuk de notre "elu", ils suivent et continuent leur harcelement. Meme une fois installes dans le tuk-tuk et les sacs charges, les panneaux continuent de s'agiter autour.

Ces rabatteurs n'ont rien a voir avec des mendiants. Ils vivent correctement et font simplement leur travail. Mais ils n'ont aucune empathie. La regle est simple : chacun pour soi et l'etranger devra plier sous la pression. C'est un travail de mercenaire qui se soucie peu de ce qui est "humainement" acceptable.
Les rabatteurs ne sont pas nouveaux pour nous. Nous en avions deja rencontre ailleurs au Cambodge et en Thailande mais leur acharnement etait sans commune mesure avec ceux de Siem Reap.

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